
Les contraintes commerciales pesant sur les Pays
les moins avancés (PMA) sont complexes ; en réponse,
le Cadre intégré (CI) a été lancé
en octobre 1997 à la réunion de haut niveau organisée
par l’OMC sur les mesures intégrées en faveur
du développement du commerce des pays les moins avancés.
Ce Cadre intégré est le fruit de la collaboration
de six institutions internationales (le FMI,
le CCI, la CNUCED,
le PNUD, la Banque
mondiale et l’OMC) qui,
chacune dans son domaine de compétence particulier, veulent
augmenter les avantages que les PMA peuvent tirer du commerce multilatéral.
Les chefs d’agence, réunis en juillet 2002 pour revoir
le processus du Cadre intégré, ont recommandé
plusieurs mesures visant à le rendre plus efficace, donnant
lieu ainsi à un Cadre intégré restructuré.
Le Cadre intégré a deux objectifs : i) placer le commerce
au cœur des plans de développement nationaux tels que
les Documents
de stratégie pour la réduction de la pauvreté
(DSRP) des Pays les moins avancés ; et ii) faciliter la coordination
de l’assistance technique liée au commerce en réponse
aux besoins identifiés par les PMA. Il repose sur des principes
d’engagement des pays et de partenariat. Le Cadre intégré
restructuré comprend aussi les éléments clés
suivants : i) une meilleure structure de gestion avec la création
du Comité
directeur du Cadre intégré et du Groupe
de travail interorganisations du Cadre intégré
pour mieux coordonner les activités des bailleurs de fonds,
des PMA bénéficiaires et des organisations fondatrices
du CI ; ii) la création du Fonds
d’affectation spéciale du Cadre intégré,
qui finance les activités quotidiennes, sous la direction
de la Banque mondiale, mais aussi les activités de suivi
des études ; et iii) une meilleure coordination de la fourniture
de l’assistance technique liée au commerce entre les
bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux à
l’intérieur d’un cadre politique cohérent.
Le Cadre intégré restructuré a d’abord
été lancé sous forme de pilote au Cambodge,
à Madagascar et en Mauritanie.
À la lumière des enseignements tirés du programme
pilote, l’initiative a ensuite été élargie
à onze PMA, à savoir : le
Burundi, Djibouti, l’Éthiopie,
la Guinée, le
Lesotho, le Malawi, le
Mali, le Népal, le
Sénégal, le Yémen,
et l’Érythrée.
Depuis lors, l'Érythrée a fait une pause dans la mise
en œuvre du Cadre intégré et aucune étude
diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC) n’a
été réalisée dans le pays. Tous, à
l'exception de l’Érythrée, ont organisé
un atelier de validation des études diagnostiques. Par ailleurs,
le Mozambique participe au processus
du Cadre intégré et a également tenu un atelier
de validation des études diagnostiques. Autrement dit, à
la fin mars 2005, 14 PMA avaient organisé un atelier de validation
des études diagnostiques et se trouvaient au stade de mise
en oeuvre du Cadre intégré.
Par ailleurs, les études diagnostiques
sur l’intégration du commerce sont en cours de
préparation et de finalisation dans les sept pays suivants
: Bénin, RDP
Lao, Rwanda, Sao
Tomé-et-Principe, Tanzanie,
Tchad et Zambie.
De surcroît, les examens techniques étant positifs,
les études diagnostiques commenceront bientôt dans
les sept pays suivants : Angola, Burkina Faso, Gambie, Maldives,
Niger, Ouganda et Sierra Leone.
Le nombre de PMA admis à bénéficier du programme
du Cadre intégré augmente constamment. À la
fin mars 2005, il y en avait 29 à différents stades
de mise en œuvre du Cadre intégré.
Les critères de sélection des candidats pilotes sont
comme suit : i) la manifestation d’une forte volonté
du gouvernement d’intégrer le commerce dans sa stratégie
nationale de développement telle que son DSRP ; ii) cette
stratégie est en cours de préparation ; iii) les prochaines
réunions du Groupe consultatif de la Banque mondiale ou de
la Table ronde du PNUD sont en cours de préparation ; et
iv) il existe un environnement national opérationnel propice
(par exemple niveau des infrastructures, assistance des bureaux
nationaux de la Banque mondiale, du FMI ou du PNUD, contributions
des bailleurs de fonds et rythme des réformes internes).
La mise en oeuvre du Cadre intégré
comporte trois grandes étapes. Premièrement, les activités
préparatoires : en général, un pays introduit
une demande officielle ; cette demande fait l’objet d’un
examen technique ; un Comité directeur national du Cadre
intégré est constitué ; et, dans la mesure
du possible, un bailleur de fonds principal est choisi. Deuxièmement,
une fois la demande approuvée, on passe à la phase
de diagnostic avec la préparation
d'une Étude diagnostique sur l’intégration
du commerce (EDIC). Troisièmement, les activités
de suivi : les conclusions de l’étude diagnostique
sont prises en compte dans l’élaboration et la validation
du plan d’action, qui servira de base à la fourniture
d’une assistance technique liée au commerce.
Le Cadre intégré a reçu le soutien des acteurs
commerciaux et de la communauté du développement,
notamment à la troisième Conférence des Nations
Unies sur les PMA et lors du Sommet du G-8 en 2001. À la
Conférence ministérielle de Doha en novembre 2001,
les ministres de l’OMC ont adopté le Cadre intégré
comme modèle viable pour le développement du commerce
des PMA (paragraphe 43 de la Déclaration ministérielle
de Doha). Le 15 juillet 2003, les chefs des six organisations fondatrices
ainsi que leurs représentants ont publié un communiqué
conjoint (PDF - 13 k) réaffirmant leur attachement au
modèle du Cadre intégré. L’appui accordé
au Cadre intégré s’est également manifesté
par une augmentation des contributions au Fonds d’affectation
spéciale du Cadre intégré, qui étaient
de 19,3 millions de dollars au 3 juillet 2003.
Gestion :
Le Comité directeur du Cadre intégré supervise
et définit les politiques du Cadre intégré.
Actuellement présidé par S. E. M. Hendrik Rée
Iversen (Danemark), il s’agit d’un arrangement tripartite
où les organisations, les bailleurs de fonds et les PMA sont
représentés.
Le Groupe de travail interorganisations du Cadre intégré,
appelé Groupe de travail du Cadre intégré,
est chargé de la gestion des activités quotidienne
depuis octobre 2002. Il est présidé par l’OMC
et constitué des représentants des organisations et
de deux représentants issus chacun des PMA et des bailleurs
de fonds. Le secrétariat du Comité d’aide au
développement de l’OCDE (CAD/OCDE) a un statut d’observateur.
Le secrétariat du Cadre intégré est hébergé
par l’OMC et assure le service des réunions du Comité
directeur et du Groupe de travail.
Enfin, le PNUD, au nom des six organisations fondatrices et des
bailleurs de fonds, gère le Fonds d'affectation spéciale
du Cadre intégré, créé en mars 2001
par des contributions volontaires des bailleurs de fonds bilatéraux
et multilatéraux.
Dernière Mise à Jour
le
12/07/05
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